Home

Le pouvoir du lobby financier

La chaîne allemande WDR TV montre dans ce reportage fort remarqué l’influence des lobbyistes sur les institutions de l’UE (version allemande sous-titrée en anglais)

“Une crise bancaire par semaine”

Bon à savoir…

Les banques sont devenues si grandes qu’elles sont devenues incontrôlables. Elles dominent presque l’entièreté du marché des dérivés qui pèse 600.000 milliards de dollars. Cela représente quarante fois le marché mondial des biens et services, soit l’équivalent de près de dix ans de la production économique du monde entier,  soit près de 100.000 dollar par habitant de cette planète. i

Les 23 plus grandes banques sont deux fois plus importantes que le pnb de l’ensemble de l’Union européenne. ii 1 2 3 4

Ce ne sont pas les salaires trop élevés, mais la formation monopolistique, les taux d’imposition scandaleusement bas des entreprises et les taux d’intérêt élevés qui sont responsables de la crise? C’est ce qu’explique l’économiste en chef du Financial Times dans un commentaire sur l’Espagne. iii

On a injecté 9.000 milliards de dollars dans le système financier afin de sauver les banques.  Ce montant représente plus de vingt fois le pnb de la Belgique ou plus du total des revenus annuels des 4,7 milliards d’humains vivant dans le Sud. iv

La crise a entraîné la perte de quatre millions d’emplois, rien qu’en Europe. v

La perte économique de la crise de l’euro revient à un peu plus de 9.000 euros par ménage. vi

Malgré les promesses tapageuses, les banques ne sont pas soumises à une réglementation rigoureuse. vii

Aujourd’hui, les banques réalisent à nouveau les bénéfices les plus élevés depuis le début de la crise. viii 1 2 3

Aujourd’hui, on spécule à nouveau plus qu’avant la crise. ix

Dans le cadre de la crise de la dette, la Banque centrale européenne a réalisé des milliards de bénéfices au détriment des pays périphériques. x

On a même spéculé sur la dette grecque.  Ce faisant, un hedge fund aurait même « gagné » 500 millions d’euros. xi

En Espagne, c’est paradoxalement  l’ancien dirigeant de la Banque Lehman en faillite qui est devenu ministre des affaires économiques, alors que c’est la faillite de Lehman qui a entraîné la crise financière actuelle. xii

Jusqu’à present, aucun banquier n’a été condamné et envoyé en prison. Too big to jail… xiii

par Marc Vandepitte

iii) Financial Times, 15 februari 2013, p. 9.

iv) Financial Times, 16 september 2009, p. 13; UNDP, Human Development Report 2010, New York 2010, p. 187 en 210.

v) Financial Times, 9/10 januari 2010, p. 1.

ix) Demos T., ‘Trading volumes hit record levels’, Financial Times, 11 augustus 2011, p. 11.

Vers les épisodes

“Plus d’austérité que ça, tu meurs”

Bon à savoir…

Les restrictions constituent un très mauvais remède et ne font qu’empirer la crise? i

Depuis 2008, le taux d’industrialisation de la  France a baissé de 10%, de 22% en Espagne et même de 25% en Italie. ii 1 2

L’Europe actuelle est en train de reproduire exactement le cours désastreux des années vingt et trente?  Ce cours consistait en contestations de dettes, en restrictions, chômage important et radicalisation politique, ce qui allait finalement mener à la guerre. iii

La Lettonie nous offre un avant-goût de ce que la crise pourrait signifier en réalité. Ce pays était le premier a être frappé par la crise du crédit. Le programme d’austérité qui allait en résulter, fut tout simplement dévastateur. L’économie a régressé de 25%. Le taux de chômage grimpa de 7% à 21%, alors que celui du chômage des jeunes monta jusqu’à 28%. Les fonctionnaires ont vu leurs salaires baisser de 30%, alors que la pauvreté passa de 14% à 20%. On estime qu’entre 2000 et 2012,  la population a baissé d’un sixième par émigration. iv 1 2

Le taux de chômage est de 37% au Portugal et en Italie, de 52% en Grèce et même de 57% en Espagne. v

C’est ce qui pousse grand nombre de  jeunes à fuir leur pays. Depuis le début de la crise, il s’agit d’un demi-millions d’Italiens et de Portugais et d’un cinquième (!) de tous les jeunes irlandais. D’ici 2020, quatre millions de jeunes Espagnols auront quitté leur pays. vi 1 2 3 4

En Espagne, il se trouve des jeunes qui acceptent un emploi à plein temps pour € 300 par mois. vii

En Italie, dans la seule région de Naples, on compte 54.000 enfants travaillant à temps plein, souvent pour moins de 1 € l’heure. viii

Aujourd’hui, 116 millions d’Européens vivent au-dessous du seuil de pauvreté ou dans l’exclusion sociale. Cela fait un Européen sur quatre. A part ça, 100 à 150 millions d’Européens vivent dans une situation précaire. Au total, il s’agit donc de 43 à 53% de la population. ix 1 2 3

En Espagne, 400.000 personnes ont été expulsées de leurs logements. x

A l’instar de nombreux pays du tiers-monde, les Grecs sont obligés d’apporter leurs propres médicaments en cas d’hospitalisation. xi

Depuis le début de la crise, 54% des Grecs se sentent régulièrement dépressifs, tandis qu’en Italie, le nombre de suicides pour des motifs économiques s’est accru de 25%. xii 1 2

Partout, la résistance contre les mesures anti-sociales se développe, alors que les indignados d’Espagne peuvent compter sur l’appui de 80% de leurs concitoyens. xiii

par Marc Vandepitte

v) chiffres Eurostat mai 2013

Vers les épisodes

“Le paradis fiscal”

Bon à savoir…

Les Grecs les plus riches ont en dépôt auprès des banques suisses quelque 600 milliards, ce qui représente près du double de la dette publique grecque. i

L’évasion fiscale des Grecs super riches atteint près de 30 milliards par an. ii

La crise grecque aurait pu être évitée si l’Europe était intervenue à temps. iii

En Belgique et dans d’autres pays, les grosse sentreprises ne paient presque pas d’impôts, moins de 4%, ce qui, même au plan économique, est tout à fait contraire au bon sens. Des économistes ont calculé que le taux d’imposition idéal serait de 36%. iv 1 2

Depuis la crise financière, les bénéfices des grandes entreprises ont augmenté entre 25 et 30%. v

La crise sert de levier pour briser la résistance de la population européenne. « Les crises offrent des possibiités intéressantes. Elles nous permettent de réaliser des choses que nous ne pourrions faire admettre sans une crise », déclare Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des finances. vi

par Marc Vandepitte

Vers les épisodes

“Bratwurst, Lederhosen und Minijobs”

Bon à savoir…

En Allemagne, un travailleur sur cinq gagne seulement entre 4 à 6 euros de l’heure. i

En Allemagne, 35% des offres d’emplois concernent du travail temporaire tandis que dans la partie occidentale de l’Allemagne seule la moitié des travailleurs tombent sous une CCT (convention collective de travail). ii

L’Allemagne est, en partie,  à la base de la crise. Les taux peu élevés de l’euro étaient nécessaires pour sortir  l’Allemagne du marasme économique (e.a. à la suite de la réunification allemande) et ils ont joué un rôle considérable dans la crise bancaire. iii

N’empêche que l’Allemagne profite bien de la crise. Un euro faible est bon pour les exportations, tandis que la crise de confiance qui frappe les marchés financiers incite ces derniers à chercher des havres sûrs. De ce fait, l’Allemagne peut emprunter de l’argent à très bon compte. iv

Les différences régionales à l’intérieur de l’Europe ne cessent de grandir. Depuis 2000, le pnb de la Grèce a rétréci de plus de 13%, celui du Portugal et de l’Italie de 8% et de l’Espagne et de l’Irlande de plus de 6%. Par contre, les pnb d’Allemagne et d’Autriche se sont accrus respectivement de 3% et de 4%. v 1 2 3 4

La crise en Europe sert essentiellement de prétexte pour modifier profondément les rapports sociaux. On parle d’augmentation du temps de travail, d’une baisse des salaires et de modalités de licenciement plus souples. L’Allemagne avait donné le ton. Depuis la crise, les pays périphériques tels que la Grèce, le Portugal, l’Espagne, l’Italie et l’Irlande, sont devenus les bancs d’essai pour le reste de l’Europe. vi

par Marc Vandepitte

Vers les épisodes

“Quelle Europe voulons-nous ?”

Bon à savoir…

Les pouvoirs des parlements nationaux sont totalement érodés par la Commission européenne. i

Avant d’annoncer de lourdes mesures d’austérité, le gouvernement irlandais a d’abord consulté, en secret, les milieux économiques et les banques. Ces derniers ont obtenu gain de cause à 100 pour cent. ii

Même Angela Merkel a avoué que nous vivons sous la dictature des marchés financiers et que les hommes politiques  écoutent ceux-ci plutôt que leurs électeurs. iii 1 2

Jean-Claude Juncker, président du groupe de l’euro, affirme quant à lui: “Nous prenons une décision. Nous la soumettons et nous attendons pour voir ce qui se passe. En l’absence de protestations ou de révoltes – la plupart des gens ne comprennent d’ailleurs pas ce qui a été décidé –nous avançons encore un peu plus, pas à pas, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de retour en arrière  possible.» iv

Les Irlandais qui éprouvent des difficultés à rembourser leur maison, doivent renoncer à leur satellite TV et aux voyages à l’étranger. On leur impose également un budget pour la nourriture, le chauffage et les loisirs. Les mesures frappent  plus de 200.000 familles. v

Seule une faible minorité des européens est satisfaite de la politique économique menée. En France et en Grande-Bretagne, ce taux de satisfaction est de 30%, mais il est de 10% en Italie et en Espagne,  et de 2% à peine en Grèce. vi

La popularité du parti grec au pouvoir, le Pasok, est tombée à 6%. vii

96% des Espagnols qualifient la corruption politique de « très élevée » et 85% d’entre eux ne font pas confiance à leur premier ministre. viii

Les partis traditionnels n’ont plus la confiance que de 10% de la population au point que, lors des dernières élections, 45% des jeunes Italiens ont voté pour Beppe Grillo. ix

par Marc Vandepitte

Vers les épisodes